Le nom de Michel Gamelain apparaît pour la première fois dans les archives lors de son contrat de mariage le 16 novembre 1661 avec Marguerite Crevier. Dans ce même contrat, il se dit «maistre-chirurgien». Le recensement de 1667 le dit âgé de 27 ans. Il serait donc né à Blois (France) vers 1640-1641.  Il préféra se livrer au commerce des fourrures au lieu de défricher la terre. Il établit son poste de traite à l’embouchure de la rivière Ste-Anne, sur deux îles qu’il baptisa lui-même, l’île Ste-Marguerite du nom de son épouse, Marguerite Crevier et l’Ile St-Ignace du nom de son fils aîné.

Gamelain avait vite compris qu’il serait plus rémunérateur de mettre sa science des médicaments au service d’une industrie beaucoup plus florissante et plus pratique : la fabrication de l’eau de vie qu’il échangea contre des fourrures. Ses cabanes, l’une dans l’île Saint-Ignace, l’autre à l’entrée de la rivière Sainte-Anne, étaient fréquemment le théâtre de scènes fort disgracieuses où Amérindiens et Amérindiennes abusaient de la bière pendant que Gamelin se faisait céder leurs fourrures, avec d’autant plus de facilité qu’il parlait couramment la langue des indigènes de la région. Condamné le 20 juin 1667 comme « traiteur d’eau de vie » par le Conseil souverain, il exerça quand même ce commerce jusqu’à la fin de sa vie.

L’intendant Jean Talon lui octroie ses droits sur la Seigneurie Ste-Anne au début de l’année 1667.

Quel que soit le motif qui ait conduit Michel Gamelain à Sainte-Anne, deux faits restent certains : Sainte-Anne fut d’ abord un poste de traite et Gamelain en fut le premier seigneur. Dès le début de 1667, il amena avec lui des compagnons et leur accorda des concessions, et cette année-là, les défrichements commencèrent. C’est le 25 mars que Michel Gamelin accorda une concession à son serviteur, Jean Ricard, le premier colon dont les descendants sont demeurés dans la paroisse de Sainte-Anne sans interruption jusqu’ à nos jours.

Michel Gamelain décède vers 1676 à Cap-de-la-Madeleine.